vendredi 20 janvier 2012

Don't go to Agra...

Levés à une heure tardive, nous décidons d’aller déjeuner dans un restaurant situé sur la route du très célèbre monument du Taj Mahal. Dès la sortie de l’hôtel, nous sommes assaillis par des rickshaws insistants voir «agressifs ».  Souhaitant nous y rendre à pieds, nous continuons à avancer mais nous nous perdons à mi chemin, dans un environnement qui ne nous semble pas des plus accueillant. Demandant rapidement notre itinéraire, nous constatons que les habitants ne sont pas très coopératifs ; ils n’hésitent pas à nous balader de gauche à droite. Hasardeux, nous continuons notre recherche à l’aide de notre guide du routard et finissons par arriver au but. Bien que le temps soit un peu couvert, nous nous installons dans le jardin du restaurant et commandons de la viande ! (Cela fait 1 semaine que nous n’en avons plus mangé. Et oui, ici c’est le pays des végétariens !!!). Après ce petit moment de bonheur, nous reprenons le sens inverse et, fatigués par les sollicitations intensives et le peu de sympathie des habitants d’Agra, nous retournons à l’hôtel.



Le lendemain, opérationnels à partir de 08h00 pour pouvoir visiter le Taj Mahal, nous arpentons les rues d’Agra à la recherche d’un rickshaw qui ne se fait pas attendre ! Déposés en deux temps trois mouvements, nous arrivons parmi les premiers touristes au Taj Mahal. Le monument, classé depuis 1983 au patrimoine mondial de l'UNESCO, est l’un des plus visités au monde avec ses 15 000 visiteurs quotidien. Pour la petite histoire, la légende raconte qu’il n’a pas été crée pour célébrer une ferveur religieuse, ni pour symboliser la puissance d’un monarque. Construit entre 1631 et 1653, le Taj Mahal serait dédié à l’amour perdue d’un empereur. Fou de chagrin, il fit vœu de construire un monument à sa mémoire qui n’ait pas son pareil au monde (plutôt réussi !). Enthousiastes à l’idée de voir apparaitre devant nous l’une des 7 merveilles du monde, nous traversons hâtivement la porte principale en grès rouge. Et là, se dresse, ou plutôt flotte devant nous dans une brume épaisse, l’imposant mausolée en marbre blanc. L’unique vrai raison de notre visite à Agra nous fait oublier pendant un temps la mauvaise ambiance que nous avons ressentie dans la ville.








Après en avoir pris plein les yeux pendant près 2 heures, nous prenons un rickshaw pour la gare routière d’Agra. Le bus nous emmène à 38 kilomètres de la ville, dans la citadelle de Fatehpur Sikri, classée depuis 1986 au patrimoine mondial de l'UNESCO. A l’intérieur de celle-ci, seul les palais datant du XVIème siècle ont résisté aux altérations du temps. Leur architecture est la traduction de différentes inspirations religieuses : hindoue, musulmane, jaïne et chrétienne. La nappe phréatique ne suffisant plus à subvenir aux besoins en eaux de la population, la citadelle fut abandonnée et certains palais n’ont jamais été achevé).









Malgré les sollicitations incessantes d’enfants et de guides sur l’ensemble du site, nous ne regrettons pas d’être venu. A la sortie, gagnés par la faim, nous arrivons au bas du village de Fatehpur Sikri pour faire une halte déjeuné tardive. Attirés par les multiples en-cas, nous nous arrêtons dans une échoppe familiale un peu sommaire. A même la rue, nous choisissons de déguster quelques katchori (beignet fourré de lentilles, pommes de terre et petit pois) sous les yeux amusés du père et du fils.



Nos palais quelque peu enflammés, nous repartons en bus pour Agra. Arrivés à la gare routière, nous profitons du marché à proximité pour acheter quelques fruits. Il est vrai que nous en avons peu consommé depuis le début pour éviter toute mauvaise surprise! Nous profitons ainsi du diner à l’hôtel pour manger la papaye du marché ! Miam miam !!

Départ très attendu pour Orccha  tôt le lendemain. Il faut dire que nous n’avons pas beaucoup aimé la ville d’Agra… et en avons du coup bien profité pour nous reposer !

mercredi 18 janvier 2012

Jaipur, ville rose

Après une vrai première nuit depuis notre arrivée en Inde, nous arrivons à l’arrêt de bus pour Ajmer dès 9h30. L’heure de route se fait en compagnie d’un couple de néerlandais d’une soixante d’années, ayant déjà fait un tour du monde dans leur jeunesse, et avec qui nous partageons par la suite un rickshaw pour rallier la gare d’Ajmer. En avance, nous attendons notre train pour Jaipur, ville de 2 400 000 habitants et capitale de la région du Rājasthān. Pendant les 2 heures de trajet, nous faisons la connaissance d’étudiants et de jeunes diplômés, profitant du dimanche pour rentrer chez eux.


Arrivant en rickshaw à l’hôtel en milieu d’après-midi, et n’ayant pas encore déjeuné, nous nous installons rapidement dans la chambre. Affamés, nous nous précipitons à la terrasse du restaurant de l’hôtel, où nous profitons de la vue et des cerfs-volants (toujours présents au dessus de nos têtes pour ce festival du vent qui n’en finit plus !). L’après-midi étant presque terminée, nous profitons des dernières heures de soleil pour arpenter les alentours de la ville. Dans cette région à dominante musulmane, nous sommes surpris par l’appel à la prière au détour d’un minaret ! Dans cette grande ville, et comme dans toutes les grandes villes indiennes, nous constatons qu’il y a une circulation folle, que la ville est très polluée et très sale. Nous croisons même des cochons sauvages en plein milieu de la rue. Certain n’hésite pas à manger du plastique !!



La nuit tombant, et certains indiens nous ayant déconseillé de trainer quand il fait nuit (les grandes villes étant peu sûres une fois la nuit tombée pour les touristes), nous cherchons un rickshaw pour rentrer. Nous sommes abordés par deux hommes conduisant un rickshaw. Méfiants, nous passons notre chemin et attendons qu’un autre se présente. Cela ne tarde pas et lorsque nous montons dans celui-ci, les deux autres ne sont toujours pas loin. Le chauffeur de notre rickshaw repart à fond les manettes après un court échange avec eux. Arrivée à l’hôtel, il nous explique qu’il ne faut surtout pas prendre les rickshaws avec deux conducteurs car généralement, cela n’est pas de bon augure (l’un conduit et l’autre part avec votre sac !!!). Pour quelques euros, nous négocions avec lui pour qu’il nous emmène voir les différents lieux touristiques car certains sont éloignés d’une dizaine de kilomètres du centre ville.

Le matin même, nous retrouvons Salim, notre rickshaw de la veille. Ainsi, commence notre course folle à travers la ville, où la circulation semble encore plus dense et dangereuse qu’à Dehli ! En une vingtaine de minutes nous voilà arrivés au City Palace, encore occupé par le maharaja et sa famille. Certains édifices y sont aménagés en musées, au travers d’une succession de cours et de petits palais. Arrivés en avance pour l’ouverture, nous prenons quelques photos et préférons nous rendre non loin de là, à Jantar Matar. Cet observatoire astronomique rassemble, sous formes de sculptures abstraites, des instruments construits au XVIIème siècle ; notamment un impressionnant cadran solaire muni d’un énorme escalier qui se révèle être le plus exact du monde !






Après cette leçon d’astronomie, nous retrouvons Salim pour aller à Amber Palace, situé à 10 kilomètres au nord-est de Jaipur. Ancienne résidence du maharaja, celle-ci fut abandonnée pour créer Jaipur et le City Palace lorsque la population s’est agrandie (Amber Palace étant situé dans les collines et les terrains alentours étant difficilement constructibles). Tambours battants, nous arrivons sur place et nous nous retrouvons parmi la foule de touristes qui s’apprêtent à monter en haut de la forteresse. De nombreux touristes étrangers n’hésitent pas à y accéder à dos d’éléphants, accompagnés de leurs cornacs. Nous croisons également des vendeurs ambulants et de nombreux guides qui ne cessent de nous interpeller. La forteresse nous séduit de part sa qualité architecturale (ornements, peinture, jardins) et ses spécificités indiennes (une pièce comporte des milliers de petits miroirs placés là dans le but de réchauffer la pièce en hiver)…









Après une bonne heure et demie passée entre les murs d’Amber Palace, il est temps de repartir pour le centre ville de Jaipur afin d’y déjeuner. En route, nous nous arrêtons quelques minutes face au lac Man Sagar, où au milieu trône abandonné le Jal Mahal, ancien palais d’été des princes. Ayant accepté que notre chauffeur nous fasse passer dans deux magasins où il touche une commission même si nous n’achetons rien, nous nous y rendons. En allant vers le centre, Salim nous emmène voir le Palais des vents (seule la façade principale vaut le détour), construit en 1799 et bâti de telle sorte que le vent puisse y circuler afin de rafraîchir l'atmosphère. 



Il nous dépose ensuite pour quelques heures à Johari Bazar, grande artère vivante de Jaipur, afin de déjeuner et profiter des multiples échoppes présentes. Après un déjeuner quelque peu épicé et un shopping qui s’est avéré improductif (à vrai dire, on n’a même pas envie de regarder car les sollicitations sont bien trop nombreuses), nous retrouvons Salim et repartons de plus belle en direction de l’hôtel pour récupérer nos affaires. Il nous faut peu de temps pour atteindre la gare et c’est après un dernier au revoir à notre pilote attitré que nous atteignons notre quai, direction Agra ! Arrivée prévu à 21h30 le soir même.

mardi 17 janvier 2012

Pushkar, ville sacrée... No meat, no alcohol!!


Comme prévu, nous partons en début de matinée avec Robert, notre hôte, et Moti, son chauffeur. Ce dernier nous dépose à la gare d’Old Delhi, après une heure de trajet typique. Nous arrivons à bon port, ou plutôt à bon quai, avec une heure d’avance, ce qui nous laisse le temps de trouver la plateforme où arrivera notre train en direction d’Ajmer.

Ne sachant pas si nous pourrons nous restaurer durant ce trajet de 10 heures, nous décidons de partir à la recherche de notre déjeuner. Nous déambulons ainsi sur notre quai de départ, où s’entassent les passagers en attente de leurs trains et où, un grand nombre de vendeurs sont déjà présents. On nous propose aussi bien de la junk food (chips, biscuits, etc) que des plats locaux épicés. Ces derniers n’ont pas la faveur du public que nous sommes et Jonathan ayant malheureusement aperçu un Mac Donald dès notre arrivée à la gare (je sais les gars, vous m’aviez prévenu que John essaierai de m’y embarquer à la première occasion), c’est là-bas que nous finissons par commander. La présence d’un cafard, se baladant autour de la table où nous attendions notre take away, ne m’a pas spécialement donné envie de retenter l’expérience !!

Notre Big Mac indien en poche (pareil que le French Big Mac, le bœuf en moins, le poulet à la sauce épicée en plus), nous tentons de demander à la population locale, comment trouver l’endroit de la plateforme où nous sommes supposés attendre le train. Etant donné qu'il n’existe pas de repères pour identifier notre wagon (ou tout du moins pas dans la gare de Old Delhi), nous nous plaçons au milieu du quai… 
A l’arrivée du train, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas du tout au bon endroit et entamons une course poursuite avec nos sacs à dos. Il nous faut nous frayer un chemin parmi la foule. Finalement, la tache ne se révèle pas si compliquée que nous l’avions prévu.  Nous pouvons enfin déambuler dans le couloir du train à la recherche de nos deux places situé en 1ère classe dans la catégorie 2A (4 couchettes séparés du couloir par un rideau et avec air conditionnée), déposer nos affaires et, enfin, déguster notre Big Mac indien… froid.



Vite englouti, notre déjeuner nous renvoie à une atmosphère plus détendue où la fatigue me guette. Quand je souhaite me reposer et décide de monter sur le lit aux dimensions limitées (6 feat est la taille maximum), cela devient comique. S’allonger devient difficile et mes pieds sortent des limites pour atterrir dans le couloir. Le repos ne s’annonce pas des plus aisé avec la présence de quelques cafards dont un sur la couverture, et de vendeurs ambulants beuglant le long du couloir, qui animent vos oreilles et chatouillent vos pieds. Ces derniers feront vite la connaissance d’une tête, prise au hasard pendant mon sommeil, sans gravité apparente !

Marine, quant à elle, fait rapidement la connaissance de l’indien situé en face d’elle, Vinay, professeur de mathématique et d’informatique d’Ahmedabad, ville de 4 800 000 habitants située dans la région du Gujarat, au sud-ouest de l’Inde. Ce dernier se montre très curieux et entame la discussion dans un anglais plus que correcte. Il veut savoir d’où l’on vient, pourquoi nous sommes en Inde, dans quoi nous travaillons. Il demande à voir les photos que nous avons prises, veut savoir ce que l’on pense de l’Inde…  Mais aussi ce que l’on mange en France et pourquoi nous sommes en si bonne santé comparé aux américains ou même aux indiens ! Tous ces sujets permettent également d’aborder le système de sécurité sociale, la politique, la pauvreté en Inde, l’économie, le sport... Vous l’aurez compris, la discussion a été très intéressante et enrichissante. Nous avons également dîné avec lui dans le train un plat typiquement indien Aloo Paratha car l’arrivée à Ajmer était prévue à 20h20 et nous avions encore 45 minutes de taxi pour rejoindre le Pushkar Lake Palace à Pushkar, petite ville plus tranquille de 17 000 habitants. 
Finalement, le long trajet qui nous amène jusqu’à Ajmer passe relativement vite, et il est déjà  l’heure de descendre sur le quai de la gare. Vinay est le premier indien avec lequel nous avons pu avoir un vrai échange et les au revoir ont été assez émouvant même si les indiens ne sont pas très expansifs.

Dès la sortie de la gare, nous sommes assaillis par les conducteurs de ricksaws, taxis… mais Captain, notre chauffeur attitré pour Pushkar, coupe cours aux négociations en venant nous chercher. Nous profitons du taxi pour nous reposer un peu mais notre joie est de courte durée. Le chauffeur du taxi nous annonce que l’hôtel est complet… 
Après discussion avec le propriétaire de l’hôtel en question, et étant donné qu’un de ces réceptionnistes s’est embrouillé dans les réservations, il nous propose, pour le même prix, de nous emmener un peu plus loin au Gulaab Niwaas Hôtel, un hôtel 3 étoiles dirigé par son frère. Malgré l’imposant complexe qui se dresse devant nous et la gentillesse du personnel,  nous constatons en arrivant dans la chambre que l’hôtel ne correspond pas aux services qu’il propose. Nous avions demandé une chambre avec vu sur le lac, nous en avons une sur l’arrière. Il n’y a pas d’eau chaude, les draps ne semblent pas propres et malgré la demande de couvertures supplémentaires, il fait froid ! Nous décidons par précaution de nous glisser gentiment dans nos sacs à viande, après avoir repéré quelques éléments suspects dans notre lit.

Le lendemain, nous en sortons difficilement. La température ne doit pas dépasser les 10°C. Nous décidons alors de ranger nos affaires, d’aller prendre le petit déjeuner et de partir rapidement en ville à la recherche d’un hôtel plus « chaleureux ». Sachant que le check out et à midi, par précaution (ne sachant pas s’il sera difficile de trouver un autre hôtel), nous laissons nos affaires et descendons par de longues enjambées en ville.


La quasi absence de signalétique ne nous rend pas les choses aisées. Demandant notre chemin plusieurs fois, et après avoir du parcourir certaines zones sans chaussures, nous arrivons enfin à l’hôtel Karim Villas (conseillé par le « famous » guide du routard). Nous validons illico presto la chambre. Fort sympathique, le propriétaire nous ramène gratuitement en moto à l’autre hôtel. En sortant de notre ancienne chambre, nous dévalons les marches du Gulaab Niwaas Hôtel, payons notre dû et partons rapidement.




Vingt minutes nous suffisent pour rejoindre notre nouvel hébergement afin d’y déposer tout notre barda. Nous en profitons pour déjeuner dans un restaurant situé à proximité avant de rejoindre l’agitation de la ville. En effet, la ville est très animée en ce jour de fête régionale que représente le Kite feast (fête des cerfs-volants). Les habitants jouent sur les toits et dans les rues avec de nombreux cerfs-volants. Selon la coutume, plus une personne arrive à en attraper, plus elle aura de chance pour toute l’année ! S’en suit une balade dans les rues à travers les centaines d’échoppes et commerces, où nous prenons le temps de faire quelques achats. Certains commerçants cuisinent et partagent gratuitement leurs nourritures avec la population, notamment les plus démunis, en ce jour de célébration. S’ajoute à cela une musique entrainante, sorte d’électro techno indienne, digne des plus grands DJs de la scène actuelle ! 


Nous finissons notre visite aux portes du désert, dans le nord de Puskar, où se trouve le départ des balades en chameaux. Nous y faisons la rencontre d’une femme et de ses 2 enfants venant des villages alentours. Le dialogue se noue rapidement avec la petite famille, mais il est vite brisé par l’arrivée d’un groupe de jeunes indiens aux intentions douteuses. Après quelques échanges verbaux, surement intimidée, la femme et ses deux enfants partent sans un mot. Stupéfait, sous les regards malsains de la bande de jeunes, nous passons notre chemin.


Afin d’apaiser nos chakras, nous terminons la journée par une descente aux ghâts, sorte d'escaliers qui permettent d’accéder à des bains où ont lieu les rituels d’ablutions, typiques de la religion hindou. Nous devons à nouveau nous déchausser pour y accéder. 
A peine arrivés, une famille indienne s’installe à deux pas de nous. Une des jeunes filles nous sourit, et nous sentons bien qu’elle et les autres jeunes cherchent à entrer en contact. Nous assistons à quelques bains rituels. Finalement, deux jeunes filles s’approchent et nous entamons une discussion un peu difficile car leur anglais n’est pas très bon. Le père nous demande d’où l’on vient, etc… et ils finissent par s’éloigner pour manger. Au moment de partir, la jeune fille nous rattrape pour nous donner un peu de nourriture, emballée dans du papier journal. Nous décidons de la prendre en photos car, malgré la barrière de la langue, elle est très attachante. 








Rassasiés de cette journée, nous rentrons sous les premières fusées et autres pétards lancés dans le ciel bleu de Pushkar et qui dureront toute au long de la soirée.