mardi 10 juillet 2012

Arequipa et le Canyon de Colca

Vers 8h du matin, nous sommes déjà installés à l’étage du bus de la compagnie Julsa (conseillée la veille par le québécois rencontré pendant notre excursion sur le Lac Titicaca). A peine montés qu’il y a de drôles d’odeurs ! Le trajet n’est pas de tout repos, puisqu’il nous faut 6 heures pour rejoindre la ville d’Arequipa ! Nous espérons que le temps  passera vite et que le chemin sera sans encombre. A peine une heure de trajet et nous apercevons un camion fraichement couché dans l’un des nombreux virages !
En définitive, le temps passe plutôt vite entre la diffusion d’un film au volume sonore plutôt élevé (même avec les boules quies, nous pouvions suivre le film !) et l’établissement de notre programme pour les prochains jours. Notre quiétude est vite perturbée à l’approche d’Arequipa. Les nombreux vendeurs montant et descendant du bus ne nous avaient pas ennuyé jusqu’à présent. L’un deux décida pendant près de 45 minutes d’essayer de vendre aux passagers 3 encyclopédies pour enfants !

Une migraine plus tard, nous descendons au terminal du bus et récupérons nos affaires. Nous montons dans la foulée dans un taxi pour rejoindre le centre-ville. Dès notre arrivée à  l’hospedaje Macondo, nous sommes très bien accueillis par Luigi, le propriétaire des lieux. Ce dernier est originaire de Sardaigne et c’est avec plaisir que je commence à discuter en italien.


Après nous être installés dans notre chambre, nous partons déjeuner à proximité de l’église San Fransisco.


Nous profitons de la fin d’après-midi pour nous renseigner sur les excursions proposées dans le Canyon de Colca par les nombreuses agences et faire un peu le tri. Nous rentrons en fin d’après-midi à l’hôtel avant de ressortir dîner non loin.


Le lendemain, nous nous levons en milieu de matinée. Nous petit-déjeunons à l’hôtel et passons la journée tranquillement à continuer à nous renseigner sur les agences. Finalement, nous optons pour Guardino Tour, une agence accolée à un hôtel plutôt cossue. Nous partirons donc 2 jours/1 nuit.


Le soir, nous dînons une nouvelle fois non loin de l’hôtel et nous régalons d’une parillada de viandes, sorte de barbecue. Nous y avons l’occasion de déguster de l’alpaga, un régal !


Réveillés en début de matinée, nous petit-déjeunons une nouvelle fois à l’hôtel avant de partir explorer les environs. Arequipa, également appelée la ville blanche, a vu son centre historique classé patrimoine mondial de l'Unesco en 2000. 
En chemin pour la Place des Armes où se trouve la Cathédrale, nous entrons dans le patio de quelques demeures coloniales.




En ce jour férié, il y a foule sur la place principale. Nous voulions visiter la Cathédrale mais à l’heure des messes, les touristes ne sont pas autorisés à entrer (l’entrée est payante hors des messes !).




Nous enchaînons ensuite par la visite de l’Eglise de la Compagnia. Cette église jésuite est l’une des plus anciennes d’Arequipa.


Nous terminons la matinée par la visite du Musée Santury, dédié à la momie gelée de « Juanita, princesse des glaces », une jeune inca sacrifiée il y a plus de 500 ans au sommet du volcan Ampato. En effet, les incas, qui vénéraient les montagnes comme des dieux, offraient ponctuellement des sacrifices humains, en particulier des enfants, afin de se prémunir des éruptions volcaniques, des avalanches et des catastrophes climatiques. Celle-ci a été retrouvée dans les années 1992 par un alpiniste péruvien et un alpiniste-archéologue américain. Au total, plus de 20 victimes de sacrifices incas ont été retrouvées aux sommets des montagnes andines depuis les années 1950.

Nous partons ensuite déjeuner avant de poursuivre nos visites. Nous profitons des nombreux magasins d’artisanats péruviens pour faire quelques achats avant de nous rendre au Monastère de Santa Catalina. Il compte parmi les édifices religieux coloniaux les plus extraordinaires du pays. Alvaro Siza, célèbre architecte portugais aurait déclaré après l’avoir visité qu’il s’agit d’une magnifique leçon d’architecture ! C’est vrai que l’endroit est intéressant. Un peu labyrinthique (plus de 20 000 m²), le monastère est organisé comme une ville dans la ville avec ses différents quartiers. Les couleurs choisies mettent en valeur l’édifice et malgré la densité de la ville d’Arequipa, on s’y sent plutôt bien derrière ces hautes murailles. 

La visite commence par l’arche du silence, qui débouche sur le cloître des novices. Après l’avoir franchi, les futures religieuses devaient se taire, se consacrer au travail et à la prière. Au bout de 4 ans de noviciat, elles pouvaient enfin prononcer leurs vœux.



Les nonnes passaient ensuite dans le cloître des orangers, représentant le renouveau et la vie éternelle.



Nous visitons les nombreuses cellules, allant des plus austères au plus luxueuses selon la fortune de leurs occupantes. Nous traversons ainsi plusieurs rues flanquées de cellules avant d’arriver à la Place Zocodober, où les religieuses se réunissaient le dimanche pour échanger les produits artisanaux qu’elles fabriquaient.







Enfin, nous arrivons au grand cloître, bordé de part et d’autres par la chapelle et la galerie d’art.


Nous qui voulions aller visiter la Cathédrale après, nous ressortons de là fatigués et rentrons finalement à l’hôtel. Nous dînons dans un restaurant italien avant de rentrer préparer nos sacs pour notre excursion au Canyon de Colca du lendemain.


Récupérés vers 7h30 à notre hôtel par notre guide, nous avons la bonne surprise de n’être que 6 (le groupe pouvant aller jusqu’à 14 personnes) : un couple d’allemands de notre âge vivants à Lima et 2 américains, une grand-mère avec son petit-fils de 17 ou 18 ans. Nous partons directement pour nous rendre dans le Canyon de Colca. Notre premier arrêt nous permet d’observer des vigognes, camélidés sauvages typiques d’Amérique du Sud.




Rapidement, nous apercevons des centaines d’alpagas (ils sont mignons !! miam miam !).



Nous faisons un deuxième arrêt pour boire un thé de coca pour ceux qui le souhaitent, la coca empêchant le mal de l’altitude. Pour nous qui sommes en altitude depuis un moment, nous n’avons aucun signe de malaise malgré les 3 jours passés bien plus bas à Arequipa. Le jeune américain lui a droit au mal de crâne tout comme la grand-mère mais en plus au saignement de nez ! Lucky us !
Finalement, nous repartons pour Chivay, l’une des principales villes touristiques du Canyon de Colca.




Déposés par notre guide en centre-ville, nous avons une demi-heure pour faire un tour. Nous ne sommes pas emballés par l’endroit et bien contents de dormir un peu plus loin. Nous remontons donc dans le mini-bus pour nous rendre à Corporaque, petit village situé à une vingtaine de minutes de là. Nous arrivons pour le déjeuner à notre hébergement, la Casa de Mamayacchi. Nous sommes agréablement surpris par l’endroit. 
A notre arrivée, un mouton situé à l’entrée ne cesse de bêlé !! Il s’agit en fait d’un mouton égaré qu’ils ont attaché là en attendant que le propriétaire ne vienne le récupérer.



Nous investissons rapidement notre chambre avant de nous rendre dans le jardin où des hamacs sont disposés. Nous faisons la connaissance d’un lama appartenant à l’hôtel. Celui-ci nous fera bien rire, n’aimant pas spécialement être caressé, plus d’une personne se fera cracher dessus !!
Nous nous installons finalement à table. La nourriture est excellente et le personnel fort sympathique. Nous avons ainsi l’occasion de manger un gâteau préparé à partir de fruits de cactus ! Un délice !

Nous partons ensuite nous balader avec notre guide aux alentours de l’hôtel. Une petite promenade d’une heure nous est proposée. Celle-ci nous mène sur un point haut d’où nous pouvons voir l’étendue du canyon. Long de 100 km, il se trouve au milieu de très haut volcans comme le Coropuna (6 613m) et l’Ampato (6 310m). Sa profondeur varie entre 1 000 et plus de 3 000 mètres. Il s’agit du deuxième canyon le plus profond au monde après son voisin, le Canyon de Cotahuasi. On y trouve de nombreux cactus.





Nous redescendons ensuite à l’hôtel. Une baignade dans des sources d’eau chaude nous est proposée, mais nous décidons de ne pas nous y rendre et préférons rester tranquillement à l’hôtel au coin du feu.

Le soir venu, nous faisons connaissance avec une famille de gallois en vacances au Pérou qui elle aussi est passé par le même tour opérateur, mais pour un tour privé. Nous dînons tous ensemble mais personne ne tardent à aller se coucher. Un réveil bien matinal nous attends.


A 6h du matin, le petit-déjeuner est déjà servi. Tandis que nous déjeunons, nous apercevons notre ami lama à l’extérieur, réclamant son biberon !


Nous quittons l’hôtel une demi-heure plus tard pour nous rendre au Mirador Cruz del Condor, un endroit très touristique du canyon d’où l’on aperçoit lorsqu’on a de la chance de nombreux condors. En effet, la profondeur de la vallée et le temps ensoleillé créent des courants d’air ascendants appréciés par les condors pour planer.
Nous qui souhaitions continuer notre nuit dans le bus, nous avons la mauvaise surprise de nous rendre compte que le guide a décidé de parler, parler et parler… Cultivé le monsieur (quoique… parce quand il nous dit que le français vient du sanskrit, on a un peu du mal à le croire…) mais un peu trop bavard et du genre monsieur je sais tout. Le Pérou, c’est le top… le reste, c’est de la m… Impossible de lui poser une question sans qu’il ne parte dans tous les sens ! Bref…


A l’approche du mirador, le jeune américain repère plusieurs condors et le guide nous arrête sur le bord de la route. Nous voilà tous hors du mini-van à admirer ses oiseaux majestueux. Nous nous approchons de l’endroit où nous les voyons. Ils nous passent au-dessus de la tête et nous mitraillons avant de repartir pour le fameux mirador.




Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons. Nous ne sommes pas les seuls. L’endroit est bondé de gens mais pas un condor à proximité. Pourtant, nous apercevons encore les condors tournoyer à l’endroit où nous nous étions arrêtés. Finalement quelques-uns pointeront le bout de leurs ailes mais rien à voir avec le spectacle auquel nous avions pu assister un peu plus tôt.




Une heure plus tard, nous repartons. En chemin, nous nous arrêtons dans plusieurs villages du canyon. La plupart du temps, seule l’église du village vaut le détour.






Nous repassons ensuite par Chivay, où nous déjeunons avant de reprendre la route pour Arequipa. En chemin, nous nous arrêtons au point le plus haut de notre circuit le Mirador des Andes à près de 4 910 m d’altitude.


Nous arrivons finalement à Arequipa en milieu d’après-midi. Nous retrouvons Luigi et Célina, les propriétaires de notre hôtel qui nous accueillent à nouveau à bras ouvert. Nous passons la fin d’après-midi là-bas avant de prendre un taxi pour la gare routière. Lorsque nous les quittons, ils sont tous les 2 sur le pas de la porte à nous faire de grands signes. C’est sans doute l’un des hôtels où nous nous serons sentis le plus chez nous au Pérou.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous voilà déposés à la gare routière. Nous trouvons le comptoir de la compagnie Cruz del Sur et enregistrons nos bagages. Eh oui, nous n’avons pas choisi la compagnie la moins bonne! Nous avons droit à un reçu pour nos sacs et avons même une salle d’attente spécifique. Un peu plus tard, nous montons dans le bus et avons même la surprise de nous voir filmé chacun à notre place par mesure de sécurité. Le dîner nous est servi quasiment aussitôt et c’est parti pour 10 heures de bus de nuit, confortablement installés dans ce bus cama, autrement dit avec siège inclinable à 160° et seulement 3 fauteuils dans la largeur au lieu de 4 pour les semi-camas).

Arrivée prévu le lendemain matin tôt à Cusco !

vendredi 6 juillet 2012

Puno et les îles (trop touristiques) du Lac Titicaca...

Nous quittons Copacabana en bus aux alentours de 8h du matin pour nous rendre à Puno au Pérou. La veille, il faisait un temps magnifique, aujourd’hui, il grêle !! En chemin, nous remarquons que celle-ci a recouvert les collines et la route. Nous sommes un peu inquiets de l’avancée du bus dans de telles conditions météorologiques. Heureusement pour nous, l’averse ne dure pas et le soleil finit par revenir. 
Une demi-heure plus tard, nous arrivons au poste frontière. Nous descendons du bus pour faire tamponner notre passeport côté bolivien. Puis, il nous faut continuer à pied jusqu’à Yunguyo, ville frontière du Pérou pour régulariser notre entrée dans le pays et à nouveau faire tamponner notre passeport.

 

Après ces quelques tâches administratives, nous remontons dans le bus. Pendant près de 2 heures, nous longeons le lac Titicaca avant d’arriver au terminal des bus de Puno. Sacs sur le dos, nous partons à pieds pour le centre-ville, à environ 2 kilomètres.



Finalement, nous arrivons à trouver l'hôtel dans lequel nous souhaitions séjourner. Malheureusement, notre guide Lonely Planet n'étant pas à jour, le prix de la chambre a presque triplé! Gentiment, la réceptionniste se renseigne auprès d'autres hôteliers pour nous trouver un hébergement correct.
Quelques minutes plus tard, nous repartons pour nous rendre à un autre hôtel que nous avions repéré non loin de là, l'hostal Los Uros. Très bien accueillis par le propriétaire, nous choisissons notre chambre, laissons nos sacs et filons pour le centre-ville. 
Nous rejoignons Jiron Lima, rue piétonne et artère principale où se trouve une multitude de restaurants, bars, magasins et en profitons pour aller déjeuner.
Nous prenons ensuite la direction de la Plaza de Armas pour jeter un coup d’œil rapide à la Cathédrale Saint-Charles-Borromée. Construite en 1757, l’édifice est de style baroque andin.

  
Nous nous dirigeons ensuite vers le port afin de nous renseigner sur les excursions possibles sur le lac Titicaca et ses îles. En effet, Puno, point de départ pour les iles, est la ville la plus touristique du pays après Cuzco. 20 minutes plus tard, nous voilà aux abords du quai, assaillis par plusieurs personnes souhaitant nous vendre leurs excursions. Nous souhaitons tout d’abord des renseignements et uniquement acheter les billets pour le bateau. Il faut savoir qu’il existe un grands nombre d’agences qui proposent des tours sur le lac Titicaca. Ces derniers comprennent généralement une nuit d’hébergement chez l’habitant. Malheureusement, bon nombre de ces agences ne reverse que peu d’argent à ces familles. Ne voulant pas cautionner ce genre de pratique, nous préférons découvrir les îles en indépendant et payer l'hébergement directement à la famille.

Les billets achetés, nous prenons le chemin du retour et rentrons à l’hostal en milieu d’après-midi. Nous y passons quelques heures, profitant du patio pour nous relaxer et préparons notre paquetage pour les 2 prochains jours d’excursions. Malheureusement pour moi, c’est le moment où mon ventre commence à faire des siennes. Après les quelques jours de fatigue de Marine, c’est à mon tour d’être malade ! Et en plus la veille du départ ! Un peu patraque, je repars avec Marine en direction du centre-ville pour y diner. Au final, le repas sera frugal, uniquement une soupe pour chacun de nous. Le temps de rentrer et au lit!


Le lendemain matin, nous nous levons rapidement. Il nous faut être au port à 8h. En définitive, le mal au ventre de la veille était une fausse alerte. 5 minutes après notre départ de l’hostal, nous décidons de prendre un taxi afin d’être dans les temps pour embarquer à bord du bateau. A bord, nous retrouvons le couple de suisse-romans rencontrés dans l’auberge de San Pedro de Atacama. 





Après seulement une demi-heure de navigation, nous approchons des îles Uros. Situées à 5 kilomètres de Puno, ces 40 îles flottantes constituent la principale attraction touristique du lac Titicaca. Très touristique effectivement ! Le peuple Uros ayant disparu dans les années 1950, ce sont les Indiens aymaras qui y perpétuent les traditions Uros à des fins touristiques. 


Nous ne tardons pas à débarquer sur l’une d’entre elles, accueillis par une partie de ses habitants. Pendant une petite heure, nous en apprenons un peu plus sur leur mode de vie sur ces îles si particulières. En effet, celles-ci sont créées à base de totora, une sorte de roseau que l’on trouve dans le lac. Régulièrement, ils en rajoutent sur le sol pour que l’île ne disparaisse pas ! Toutes les habitations et tout le mobilier sont fabriqués à partir de ce roseau. 






Après nous avoir chanté quelques chansons dont « Alouette, gentille alouette » en guise d’au revoir (quand on vous disait que c’était touristique!), nous remontons à bord du bateau. Nous prenons la direction de l’île Amantani, située à 33 kilomètres au nord des îles Uros. Nous profitons de ce trajet de 3 heures pour nous installer en haut du bateau, les effluves s’échappant du moteur du bateau ne nous incitant pas à rester au niveau de la cabine. Pendant le trajet, nous faisons ainsi la connaissance de deux hongkongais, deux américains, un allemand et un québécois avec lesquels nous discutons tranquillement.

Dès notre arrivée sur Amantani, la compagnie de bateaux nous attitre une famille dans laquelle nous allons être hébergés. Les présentations faites avec Claudia, la mère de famille dans laquelle nous atterrissons, nous la suivons jusqu’à chez elle. Sur place, nous faisons la connaissance de ses deux fils Carlos, le cadet de 12 ans et Joël, l’ainé de 14 ans. Nous avions demandé une famille avec de petits enfants et sommes un peu déçu mais passons outre. Nous profitons d’un moment avec eux (malgré la barrière de la langue) avant que le déjeuner ne nous soit servi. Etant donné que nous sommes arrivés en début d’après-midi, la famille a déjà mangé et nous déjeunons donc tous les 2. Le repas nous est servi dans notre chambre où se trouve également une  grande table. La mère nous dit que nous partagerons le dîner ensemble. 



Bien rassasiés, nous partons accompagné par Joël pour aller visiter les ruines de  Pachamama (la Terre-mère) et Pachatata (la Terre-père). Nous passons par la place du village où nous retrouvons une partie du groupe que nous avons rencontré à bord du bateau. Finalement, nous comprenons vaguement que Joël n’a fait que nous accompagner jusqu’à la place et qu’il reviendra nous chercher à 18h au même endroit. Nous sommes un peu déçus mais bon, la barrière de la langue n’aidant pas, nous restons avec le groupe qui nous dit avoir rendez-vous avec le guide à 16h. 

Peu après, nous quittons tous la place pour nous rendre aux ruines. Une longue marche nous attend pour rejoindre le sommet de l’île. Traversant le village, le chemin est plutôt raide. C’est avec soulagement que nous arrivons finalement en haut de Pachatata. C’est, avec Pachamama, l’un des lieux sacrés où sont célébrées des fêtes religieuses. De ce point de vue le plus haut de l'île, nous assistons au coucher de soleil sur le lac Titicaca.







Nous redescendons rapidement à la place du village car le froid et la nuit ne tardent pas à faire leurs apparitions. Nous avons le temps de déguster une brochette de viande avant de repartir dans notre famille, Joël et Carlos étant venu nous chercher. Nous saurons plus tard qu’il s’agissait d’anticuchos, des brochettes de cœur de bœuf macérées dans du vinaigre et badigeonner de piment. Elles sont accompagnées généralement de pommes de terre grillées.

Quelques minutes après notre retour dans la maison de notre famille, nous avons la surprise de voir les enfants de Claudia nous servir le repas. Alors que nous sommes censés partager le repas avec la famille et sans aucune explication, on nous sert le diner 3 heures après avoir déjeuner ! Contrariés par une telle situation, nous leur faisons savoir. Nous leur demandons alors où est Claudia. Ceux-ci nous répondent qu’elle est sur la place pour vendre des brochettes et qu’elle a mal à la tête donc qu’il n’est pas possible de dîner tous ensemble. Nous leur proposons alors de dîner avec eux et tentons de leur faire comprendre que nous voulons partager ce moment avec eux. Finalement, ils repartent et acceptent de manger avec nous un plus tard. 

A l’heure prévue, nous nous préparons à dîner et avons la surprise de nous rendre compte que nous sommes seuls dans la maison ! Les deux fils sont partis sans nous prévenir et la mère est probablement encore sur la place du village ! Drôle de manière de partager un moment de vie d’une famille à Amantani ! 
En définitive, après une bonne heure d’attente, le trio revient à la maison et décide de dîner avec nous. Il était temps ! Nous ne verrons ni la cuisine, ni la préparation du repas… Le repas est une nouvelle fois servi dans notre chambre ! 
Le début du repas est des plus silencieux, les enfants sûrement timides n’osent pas trop parler. Il nous faut longuement communiquer avant que le dîner soit un peu plus animé. Nous arriverons après tout à en savoir un peu plus sur leur quotidien et eux sur le nôtre. 
Le groupe rencontré sur le bateau nous ayant parlé d’un spectacle de danse traditionnelle organisé pour les touristes sur la place du village, nous en parlons à la mère qui, peut au courant, accepte de s’y rendre. Le dîner terminé, elle souhaite donc nous faire enfiler la tenue traditionnelle d’Amantani (robe traditionnelle pour les femmes et poncho pour les hommes). En effet, nous sommes censés danser sur un rythme local, affublés de nos vêtements d’un soir. Fatigués et surtout blasés par le peu d’estime que l’on semble nous porter, nous remercions finalement poliment Claudia avant d’aller nous coucher.



Après une bonne nuit de sommeil, nous nous réveillons vers 6h45. Encore une fois, nous ne pouvons profiter du petit-déjeuner avec la famille. Celui-ci nous est à nouveau servi dans notre chambre ! Au final, nous n’aurons vu que notre chambre et les toilettes de cette maison !! Nous plions rapidement bagages en saluant Carlos et Joël, puis descendons jusqu’au port d’Amantani avec Claudia. Après quelques derniers brefs échanges, nous la remercions et montons sur le bateau. Nous nous apercevons d’ailleurs qu’elle reverse une taxe au batelier… On se posait justement la question, on a donc notre réponse ! Notre expérience chez l’habitant s’arrête là et c’est tant mieux ! Nous quittons Amantani pour rejoindre l’île de Taquilé. Nous sommes déçus et nous rendons vite compte que pour les autres, cela ne s’est pas du tout passé comme ça.



Nous profitons de la traversée pour expliquer au guide nous accompagnant notre véritable déception quant à cette expérience sur Amantani. Ce dernier semble comprendre notre situation. Il nous explique que lorsque nous décidons de ne pas passer par une agence pour nous rendre dans une famille, celle-ci a parfois moins de considération car au final, nous n’aurons personne à qui nous plaindre en cas de problème ! Il explique cependant le problème au batelier qui attitre chaque touriste a une famille. Nous pensons malheureusement que cela n’aura presque aucune répercussion. 

Une heure plus tard, nous arrivons à Taquilé. Nous sommes débarqués d’un côté de l’île et avons rendez-vous de l’autre côté 2 heures plus tard. Nous revoilà donc à crapahuter sur un chemin plus que raide ! Nous rallions la place du village, jetons un œil dans une coopérative d’artisanat, avant de suivre le guide dans un restaurant où nous déjeunons. Ce restaurant fonctionne comme une coopérative et quelques familles se partagent les revenus. 
Après le déjeuner, nous repartons pour l’endroit où nous devons remonter sur le bateau. Quelques fous du groupe décident de prendre un bain ! Nous ne faisons que les regarder !






Nous reprenons le bateau pour 3 heures de trajet. Nous arrivons en milieu d’après-midi à Puno et décidons de nous rendre à la gare routière pour acheter nos billets pour Arequipa. Etant donné qu’une partie des gens rencontrés sur le bateau veut en faire de même, nous avions parlé de nous y rendre ensemble. Mais à l’arrivée, le guide embarque seulement une partie du groupe dans un mini-van pour la gare routière. Il nous faut marcher pour nous y rendre. 
Au final, nous venons de nous rendre compte que le guide qui était avec nous sur le bateau, n’est pas comme nous le pensions un guide  attitré par bateau, mais un guide qui est là car une partie des gens présents est passé par une agence !! 

Sur place, nous ne pouvons acheter nos billets. Avec la compagnie que nous voulons prendre, conseillé par le québécois rencontré sur le bateau, le billet s’achète le jour même. Nous rentrons donc en taxi à notre hôtel, récupérons les sacs que nous avions laissé en consigne et nous posons. 
Nous ressortons dîner dans un super restaurant de Puno. Après notre mauvaise expérience, nous avions envie de nous faire plaisir ! 

Le lendemain, nous partons vers 8h pour Arequipa.

mercredi 4 juillet 2012

Bolivie, l'aventure aux sommets!

Après une petite dizaine de jours, nous avons quitté la Bolivie pour le Pérou. Ce fut un court séjour mais nous n’avons pas regretté d’avoir changé nos plans. Les paysages ici sont magnifiques. Nous n’avons pas pu visiter toutes les différentes régions mais pour vous donner une idée, on trouve à la fois les paysages montagneux de la cordillère des Andes, mais aussi des plateaux désertiques en altitude, des déserts de sel, ainsi que la forêt amazonienne. A savoir que la Bolivie représente une superficie qui fait 2 fois la France !

Nous avons trouvé ce pays plus authentique que le Chili. On y parle l’espagnol mais surtout le quechua et l’aymara (il y aurait en tout plus d’une trentaine de langues officielles !). Malheureusement, qui dit pays authentique dit souvent pays pauvre. Même si la Bolivie possède plus de la moitié des ressources de lithium du monde sous le fameux Salar d’Uyuni, le monde politique y est assez corrompu et le développement économique, quoique bien plus développé qu’il y a une quinzaine d’années, n’est pas encore extraordinaire. Quand bien même ils développeraient cette exploitation, cela ne profiterait sans doute qu’à une minorité. La Bolivie souffre également de l’absence d’accès à la mer, difficile du coup d’exporter sans augmenter les coûts de transport !
Dans ce pays, la population n’hésite pas à descendre dans la rue lorsque les choses ne leurs plaisent pas, ce qui entraîne parfois de grandes manifestations pouvant parfois bloquer une ville entière !

Ici, nous avons croisé bon nombre de femmes encore habillées de manière traditionnelle, avec des jupes bouffantes, de beaux châles, des chapeaux melons, coiffées avec deux nattes, etc. Elles ont parfois un enfant dans le dos, accroché à l’aide d’un tissu coloré ou bien un paquet (les textiles boliviens font parties des richesses culturelles du pays et on en voit partout !). Difficile de les photographier par contre car le peuple bolivien n’aime pas vraiment être pris en photos ! C’est un peuple qui est quand même assez froid mais très gentil.

Dans ce pays, la coca a encore de belles années devant elle. Malgré les tentatives de destructions des champs de coca, ici tous les adultes mastiquent des feuilles de coca. On n’imagine pas comment il serait possible de mettre fin à ce procédé rituel, qui semble leurs être indispensable. Les espagnols d’ailleurs l’avaient interdite lorsqu’ils ont colonisé l’Amérique du Sud, avant d’en encourager la consommation quand ils s’étaient rendu compte de l’impact sur le travail. En effet, cette plante a de nombreux effets positifs que ce soit pour le mal des montagnes, la circulation sanguine, la digestion, elle sert également de coupe-faim, etc. On la sert également en tisane. Le problème est que ces feuilles de coca, transformées, deviennent la cocaïne… Grand dilemme donc quant à l’avenir de celle-ci.


Nous avons adoré la Bolivie pour :
- les paysages époustouflants
- la gentillesse de la population
- les habits traditionnels colorés portés par les femmes

Nous avons moins aimé la Bolivie pour :
- le fait d’être quasiment toujours en altitude, entraînant des maux de tête (surtout au début) et une plus grande difficulté à respirer. Heureusement qu’on a toujours notre baume du tigre, qui nous a parfois été bien utile !
- la température glaciale qu’il peut faire, toujours en altitude !
- le manque d’hygiène des restaurants (on ne l’a pas vu mais nos ventres s’en souviennent !)
- l’état des routes et l’aspect assez chaotique de la conduite ici

Nous avons également été surpris par :
- la présence de vendeurs de rue un peu partout
- les cireurs de chaussures cagoulés ! Oui, oui cagoulés… Nous avons demandé une explication un jour et il semblerait que ce soit parce qu’il s’agit d’étudiants qui feraient cela pour gagner un peu d’argent et ils éviteraient ainsi la discrimination liée à ce genre de métier ! Au début, ça surprends !
- les nombreuses variétés de pommes de terre
- les fœtus de lamas vendus sur les marchés de sorcellerie. Selon la tradition aymara, il faut en enterrer un pour s’assurer la prospérité et la protection de la Pachamama (la Terre-mère).


Pour ce qui est de l’itinéraire, il y a sans doute bien plus à faire que ce que nous avons pu voir…  Impossible cependant de se rendre en Bolivie sans aller voir le Salar d’Uyuni et tous les sites que nous avons visité aux alentours. La Paz est également assez incontournable pour cette fameuse route de la mort. La ville est assez incroyable également mais très, voir trop vivante. Et souvent comme toutes les grandes villes, très polluée !


A bientôt pour de nouvelles aventures !

lundi 2 juillet 2012

Tranquilla à Copacabana

Aujourd’hui, nous nous rendons à Copacabana. Récupérés par le bus à notre hôtel à La Paz, nous finissons la tournée des hôtels avant de prendre la route. 
Après 2 heures de trajet, nous arrivons dans un village où il nous faut traverser le détroit de Tiquina en bateau, tandis que notre bus lui transitera sur une barge. Autrefois, les passagers n’avaient pas à descendre des bus mais depuis qu’il y a eu un accident, les choses ont changé. On n’était pas forcément mécontents de passer en bateau à voir l’inclinaison du bus sur le barge et la stabilité de ce dernier ! 




Finalement, nous remontons dans le bus après une petite heure, les personnes passant bien plus rapidement de l’autre côté que les véhicules, et repartons enfin. 



Nous arrivons à Copacabana vers midi et avons la bonne surprise de voir que l’hôtel que nous avions repéré se trouve en face de l’endroit où le bus nous dépose. Nous nous installons donc à l’hôtel Colonial après y avoir déjeuné. Nous profitons du patio ensoleillé de l’hôtel pour nous poser. Nous y retrouvons Clément et Chloé, les 2 français rencontrés à La Paz, qui eux aussi ont choisi cet hôtel. Ils nous invitent à les rejoindre pour dîner le soir même avec Estelle et Stéphane, les 2 suisses également rencontrés à La Paz.

La soirée est sympathique mais je commence à me sentir mal. Nous rentrons en milieu de soirée et ne traînons pas.


Le lendemain, nous profitons d’une grasse matinée. Nous déjeunons à l’hôtel et sortons pour aller nous renseigner sur les tarifs des bateaux. En effet, nous avions prévu de nous rendre à l’île du soleil, située sur le Lac Titicaca, mais étant donné mon état, les plans risquent d’être chamboulés. La sortie est rapide et dès notre retour, je retourne me coucher tandis que Jonathan en profite pour regarder le quart de finale de l’Euro 2012 Espagne-France à la télé.

Le soir, il rejoint Clément et Chloé pour dîner tandis que je reste tranquillement à l’hôtel.


Le lendemain, je vais mieux mais ça n’est pas encore la folie ! Nous décidons donc de zapper la journée d’excursion sur l’île du soleil. En effet, nous n’aurons malheureusement pas le temps de nous y rendre étant donné que le planning est serré, la Bolivie n’ayant pas été prévue au programme !

En milieu de matinée, nous nous rendons à la Basilique Notre-Dame de Copacabana, l’une des plus belles d’architecture baroque. Ici, la particularité est que les gens viennent y faire baptiser leurs voitures  par les prêtres de cette église! Incroyable mais vrai ! Nous voulions donc aller voir ce spectacle assez original. Il semblerait même que des péruviens viennent ici pour ça car certaines voitures sont immatriculées au Pérou !






Nous effectuons une nouvelle fois quelques achats dans les nombreux magasins d’artisanat en flânant dans les rues de la ville.



Nous allons ensuite déjeuner dans un des nombreux restaurants du centre de cette petite ville. Nous profitons tranquillement de l’après-midi. Au moins, ces 3 jours nous auront permis de faire un break à défaut d’avoir pu visiter.

Le soir, nous dînons à nouveau hors de l’hôtel. Le lendemain, nous partons pour Puno au Pérou.